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Ressources en eau souterraine

 

Les ressources stratégiques pour l’alimentation en eau potable

Le département du Var est riche en ressource en eau souterraine. Certains secteurs sont mieux pourvus que d’autres : le potentiel exploitable localement peut atteindre plusieurs millions de m3 d’une eau de bonne qualité. Les ressources en eau représentent un patrimoine naturel à fort enjeu qu’il convient de préserver pour l’alimentation en eau potable.

La préservation des ressources majeures pour l’alimentation en eau potable : une priorité du bassin Rhône Méditerranée Corse

La préservation sur le long terme de la bonne qualité des eaux destinées à la consommation humaine est une priorité nationale afin de diminuer les risques pour la santé humaine et de limiter les traitements de l’eau.
Dans le Var, plusieurs ressources présentent un intérêt pour satisfaire les besoins en eau potable actuels ou futurs. Elles doivent être préservées. Les ressources identifiées comme étant des ressources à fort enjeu dans notre département sont :
- les massifs calcaires de Ste Baume, Agnis, Ste Victoire, Mont Aurélien, Calanques et Bassin du Beausset interne
- les massifs calcaires du Trias au Crétacé dans le bassin versant de l’Argens
- les plateaux calcaires des plans de Canjuers et de Fayence
- les alluvions du Gapeau
- les alluvions des fleuves côtiers Giscle, Môle et Argens
Le Département est fortement impliqué dans cette démarche de préservation des ressources en eau. Il est moteur dans la préservation de deux sites majeurs : les contreforts nord de la sainte Baume et le bassin du Beausset.

Les ressources en eau des contreforts nord Sainte Baume

Le site des mines de Mazaugues a été exploité pour la bauxite par la société Péchiney jusqu’en 1982. Jusqu’à cette date Péchiney, pour extraire la bauxite, était amené à pomper également de grandes quantités d’eau rejetées au Caramy. Cela soutenait artificiellement le débit de ce cours d’eau à hauteur de 1000 m3/h, soit 300 l/s en moyenne.
A l’arrêt de l’exploitation minière et du pompage en fond de mine, tous les vides ont été rapidement ennoyés, c’est-à-dire remplis d’eau.
En 1990 et en 2006, le Département a fait réaliser des essais de pompage de longue durée sur le puits d’aérage de la mine pour vérifier les capacités de la ressource et palier l’étiage sévère du Caramy. Les résultats probants de ces essais ont conduit à une démarche de préservation du site contre d’éventuelles pollutions.
Deux études, réalisées en 2008 et en 2011, ont révélé que le plateau de Mazaugues présente un potentiel de plus de 4 millions de m3 exploitables annuellement pour l’alimentation en eau potable. Les vitesses de circulation des eaux souterraines peuvent atteindre 100 m à l’heure soit plus de 2 km par jour ! Cependant cette ressource est vulnérable aux pollutions.
La zone d’alimentation des anciennes mines est bien plus vaste que le seul site minier. Aussi les anciennes mines ne sont pas le seul site à protéger contre les pollutions. Ce sont tous les contreforts nord de la Sainte-Baume qui doivent faire l’objet d’une démarche de préservation.
Aujourd’hui, l’intérêt de cette ressource en eau n’est plus à démontrer. Elle est de bonne qualité pour l’alimentation en eau potable et les volumes exploitables pourraient couvrir les besoins supplémentaires de la Provence verte pour les 20 prochaines années.

Les ressources en eau souterraine de l’unité du Beausset

Le sud Sainte Baume et l’ouest toulonnais représentent à eux seuls 40 % de la population estivale du territoire Provence Méditerranée et 20 millions de m3 d’eau consommés (donnée 2003).
L’eau utilisée pour l’alimentation en eau potable de ces secteurs est quasi exclusivement de l’eau de surface, en provenance du Canal de Provence ou du Canal de Marseille.
Or, diversifier les ressources en eau est un facteur de sécurité de l’alimentation en eau potable.
Les élus des communes l’ont compris et ont déjà tenté des recherches en eau souterraine. Malheureusement, ces recherches se sont avérées infructueuses en raison d’une structure géologique locale complexe et du manque de connaissances hydrogéologiques sur ce secteur, soit de forages trop courts.
Pourtant les formations du bassin du Beausset drainent d’importantes quantités d’eau. L’eau souterraine circule soit vers l’est en direction des sources de Dardennes et du Ragas, soit vers l’ouest où elle se perd en mer au niveau de sources sous-marines, vraisemblablement dans les baies de la Ciotat et de Cassis.
Pour cette raison, le Département s’investit dans une démarche de connaissances :
- en cofinançant la thèse de doctorat d’Arnaud Fournillon intitulée « Modélisation géologique 3D et hydrodynamique appliquée aux réservoirs carbonatés karstiques : caractérisation des ressources en eau souterraine de l’Unité du Beausset (SE France) » Soutenue en septembre 2012, cette thèse a été réalisée dans le cadre du projet KarstEAU, piloté par l’université de Provence, pour la connaissance des aquifères karstiques entre Marseille et Toulon. Elle vise à définir les réserves en eau potentiellement exploitables dans le bassin du Beausset ainsi que les sites favorables à l’implantation d’ouvrages de captage de l’eau.

- en tant que maitre d’ouvrage d’un forage réalisé en 2012. Des échantillons de terrains et un carottage permettront de reconstituer l’histoire géologique du bassin du Beausset. Il s’agit de mieux en connaître la structure géologique et de cerner les potentialités en eau souterraine exploitables à des profondeurs données.

Les conclusions de ces investigations indiqueront si une exploitation d’eau souterraine dans cette partie du Var est économiquement raisonnable.