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Accessible à des yachts jusqu'à 70 mètres, IMS 700 est le plus grand chantier de maintenance et de réparation navale de grande plaisance de Méditerranée. 

 

Inauguré le 8 avril, sur l'ancienne base aéronavale de Saint-Mandrier, cet équipement industriel est le fer de lance du Pôle d'activités marines initié par la communauté d'agglomération toulonnaise et le Département.

C'est un chantier hors norme. Par sa taille d'abord : 600 mètres de terre plein en front de mer susceptibles de recevoir simultanément jusqu'à une quarantaine de bateaux de 60 mètres, quatre hangars monumentaux, et 50000 m²de zone maritime équipée pour une quinzaine de yacht jusqu'à 70 mètres. Une superficie sans équivalent en Méditerranée !

Exceptionnel, le chantier l'est aussi par son emplacement à l'entrée de la rade de Toulon. "Nous sommes proches de la zone de navigation de la plupart des yachts en été, entre Saint-Tropez et Monaco. C'est un atout pour les équipages", fait valoir Denis Pellegrino, le président d'IMS Shipyard. Installée depuis 25 ans à quelques kilomètres de là, à Pin Rolland, reconnue pour son savoir-faire dans la grande plaisance, la société dispose avec IMS 700 d'un outil à la taille de ses ambitions. "Nous multiplions par cinq notre capacité d'accueil. Et surtout, nous pouvons accueillir des bateaux plus lourds jusqu'à 670 tonnes, et plus grands, jusqu'à 70 mètres. Avec nos deux sites, IMS 300 et IMS 700, nous ne pouvons aujourd'hui plus dire non à personne", résume Denis Pellegrino.

Détenue depuis 2011 par la holding française Nepteam, "dont l'actionnaire principal n'investit que dans le développement de l'industrie française" insiste-t-il, IMS Shipyard a financé 95 % des 23 millions d'€ nécessaires à l'aménagement du site qu'elle occupe sur l'ancienne base aéronavale.

Un an de gros travaux

 Livré en pièces détachées par 27 semi-remorques, l'engin de 2 millions d'euros, a mis 8 semaines à être monté par l'équipe d'IMS. Une quinzaine de blocs brises-clapots et un ponton équipé pour une quinzaine de yacht ont été installés. 150 pieux sont fixés en mer pour soutenir ces équipements.

Les travaux ont entièrement achevés fin mars, mais IMS 700 sortait les premiers bateaux dès décembre, après une installation éclair.

Pour être en accord avec la loi sur l'eau, les eaux grises et noires récupérées directement sur les bateaux, sont évacuées dans le tout à l'égout, et une aire de carénage avec traitement des métaux lourds et peintures antifouling a été créée, "pour ne rejeter en mer que de l'eau propre", précise le Président d'IMS Shipyard. Dans le cadre de l'aménagement du Pôle d'activités marines (voir encadré), Toulon Provence Méditerranée avec l'appui de ses partenaires, dont le Département, a pourvu notamment à la refonte des lignes haute tension et au pluvial. Côté mer, une darse de halage de 13 mètres par 100 a été construite pour le travelift capable de soulever 670 tonnes.

Emplois gagnants

Ce matin, le travelift lève un yacht d'une cinquantaine de mètres. Les plongeurs ont vérifié le bon positionnement des sangles sous la coque. L'engin est conduit jusqu'aux bers de calage avec une télécommande. La précision est de mise : chaque bateau représente une petite fortune. La manœuvre est bien rodée, l'équipe professionnelle. Quarante personnes sont déjà venues conforter les rangs d'IMS dans tous les corps de métier : cadre chef de projet, ingénieur, chef d'atelier, électricien, mécanicien, manutentionnaire, responsable sécurité... "On a quasiment doublé nos effectifs", entérine Denis Pellegrino. D'autres emplois pourraient être créés l'automne prochain, "si l'on remplit le chantier après les salons de Cannes et Monaco en septembre, très importants pour nous". IMS assure directement 40 % des travaux de maintenance curative, réparatrice ou de refit des yacht. Pour le reste, elle fait appel à un réseau des sous-traitants, notamment ceux présents sur le Pôle d'activités marines (voir encadré). Quelque 200 nouveaux emplois sont estimés en recrutement indirect. Les équipages présents sur les bateaux, pour lesquels IMS a mis en place des espaces et services dédiés, représentent aussi des retombées économiques locales. Leur pouvoir d'achat, loin d'être négligeable, bénéficiera en premier lieu à la commune de Saint-Mandrier, "dont le maire, Gilles Vincent, s'est beaucoup impliqué dans la création du Pôle d'activités marines", souligne Denis Pellegrino.

Pôle d'activités marines, le Département engagé

En 2005, la Marine nationale transfère définitivement la base aéronavale de Saint-Mandrier à Hyères. L'Armée signe avec Toulon Provence Méditerranée (TPM) une AOT, autorisation d'occupation temporaire sur 10 hectares en bord de mer, pour une reconversion civile du site. TPM acquiert en plus 5 autres hectares au sud. Dès le début, le Département apporte son soutien au projet de création d'un Pôle d'activités marines tourné vers la grande plaisance, les systèmes complexes et les technologies marines et sous-marines. Il s'engage à hauteur de 3,2 millions d'euros pour l'aménagement de ce site idéalement placé qui fait partie des opérations majeures du grand projet de rade. Parmi les travaux réalisés, TPM a clôturé le site, réhabilité des bâtiments (hors hangars), procédé à la refonte du réseau haute tension, des réseaux humides et de la voirie... D'autres sont à venir. L'ensemble de ces travaux correspondent à 10 millions d'euros.

Compétences complémentaires 

Transmetal Industrie fabrique des bateaux de servitude en aluminium. Voileries SNS des voiles et de la sellerie. Gremco des gréements techniques. HMC conçoit des systèmes hydrauliques pour bateaux. Cool Marine leur réfrigération et climatisation. France Marine application réalise des peintures...Le Pôle d'activités marines de Saint-Mandrier regroupe une quinzaine d'entreprises. L'installation d'IMS 700 représente pour la plupart une véritable aubaine.  

Ce que confirme Franck Ravez à la tête Iguaçu, une entreprise de menuiserie sur-mesure haut de gamme (notre photo). "La menuiserie marine représente plus de 50 % de notre activité. Que l'on fasse des ponts en teck au des aménagements, c'est un métier très spécifique qui nécessite du savoir-faire", explique-t-il. "Avec IMS 700, nous avons un gros potentiel de travail. Nous n'avons jamais eu un outil aussi magnifique", insiste-t-il. S'il est trop tôt pour préciser l'impact d'une collaboration, le chef d'entreprise reste lucide. "En tant que sous-traitant, on est forcément dépendant, mais il faut faire attention à garder suffisamment d'autonomie. Sinon ce n'est bon ni pour l'un ni pour l'autre." L'entreprise continue donc d'optimiser ses investissements avec de nouveaux partenariats. Elle vient de signer avec la Marine nationale un contrat d'assemblage de petites unités de 9 mètres destinées à l'export.