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De Christian Philibert

Après le succès des 4 saisons d’Espigoule et de Travail d’arabe, le cinéaste varois Christian Philibert signe son 3e long métrage Afrik’aïoli avec Jean-Marc Ravera, Mohamed Metina et Modou Cisse. En salle le 22 janvier. À voir et à revoir !

Le pitch. Le petit village d’Espigoule tourne une page de son histoire. Jean-Marc, jeune retraité, a vendu son bistrot. Après bien des hésitations, il finit par accepter de partir en vacances au Sénégal avec son ami Momo. Ils feront la rencontre de Modou, un Sénégalais plutôt filou chargé de leur faire découvrir le pays. Malgré les débuts difficiles des pigeons occidentaux, une véritable amitié va se nouer…

Afrik’aïoli s’inscrit-il comme une suite des 4 saisons d’Espigoule ?
Christian Philibert : "Je n’avais jamais envisagé de faire une suite. Mais l’idée d’exporter Espigoule à travers Jean Marc, le patron du bar, est une idée que j’avais eu dès la sortie du film. Le confronter à d’autres cultures pour créer un choc culturel. Avec Espigoule, j’enracinais mon cinéma dans un territoire. Avec Afrik’aioli, on s’ouvre au monde. La première partie est construite sur les clichés qu’on trimbale de nous-mêmes, mais aussi sur l’autre. Le tout tend vers une humanité, une fraternité. C’est une manière de jeter un pont entre les peuples, montrer ce qui nous rapproche".

Vous aimez mêler l’histoire, le documentaire et la fiction, où se situe Afrik’aïoli ?
"C’est une comédie. À mi chemin entre le documentaire et la fiction. Mais dans une forme beaucoup plus ambigüe que les 4 saisons d’Espigoule, qui avait une forme documentaire nourrie de fiction. Avec Afrik’aïoli, on est entre les deux, réalisé avec des moyens documentaires et une narration de fiction. Il y avait longtemps que je cherchais cette ambigüité absolue. C’est un peu le troisième volet d’un triptyque, et non d’une trilogie car Travail d’arabe n’a rien à voir avec Espigoule. Pour autant, il y a une vraie cohérence artistique puisque je reprends Momo, l’acteur principal de Travail d’arabe".

Avez-vous trouvé un phacomochère africain ?
"On l’a cherché. On l’a même beaucoup cherché, forcément. Mais, nous n’avons pas trouvé sa trace en Afrique. On pense même que c’est un animal qui ne vit que chez nous. Un pur animal varois".

Les 4 saisons d’Espigoule ont été réalisées avec "trois francs, six sous", qu’en est-il pour Afrik’aïoli ?
"On est dans un genre pas finançable par le cinéma français. Une comédie française coûte 100 fois plus cher que ce film. Évidemment, je défends le cinéma écrit avec des grands moyens pour réaliser des fresques historiques. Je tends même vers ça. Mais je trouve aussi formidable de tourner des films avec des budgets dérisoires, en totale liberté, avec des scénarii qui ne font pas quatre-vingt dix pages. J’aime filmer ce qu'on ne peut pas écrire, la spontanéité. Je traque l’accident en permanence, quand ça dérape… Pour ce genre de cinéma, vous ne trouvez pas de financement. C’est vraiment dommage".

Vous avez vécu sur ce film une aventure humaine et artistique exceptionnelle. Pouvez-vous nous la raconter ?
"J’ai eu la chance d’être entouré par une équipe de production solide, solidaire, qui aime le film, qui y croit et qui m’aide à le porter. C’est très important. Le tournage n’a duré que deux semaines en Afrique. Il y a une vraie reconnaissance de mes acteurs qui ont un sens de l’improvisation exceptionnel. Ils ont cette humanité à fleur de peau. Jean-Marc est un génie comique. Il incarne la Provence. Il a quelque chose de nos aïeux. Cette Provence que l'on n'a pas forcément connue et qui traverse le temps. C’est normal qu'il soit devenu mon acteur fétiche".

  • La bande annonce et les avis du public à l'une des avant-premières


Bande annonce Afrik'Aïoli par departementduvar